En avant première de notre périple, nous voilà chez Pascal et Evelyne. Une petite ferme typique savoyarde en étable entravée avec traite au pipelait (ce qui veut dire qu’il n’y a pas de salle de traite et que la traite se réalise directement dans l’étable. C’est l’éleveur qui se déplace). Historiquement beaucoup d’exploitations étaient en entravée et le principal avantage était le gain de surface car cela permettait d’optimiser la place en bâtiment sans nécessiter la construction de grosses structures avec de gros investissements. Mais avec l’augmentation de la taille des troupeaux et des exploitations, les étables se sont vues disparaitre au profit des stabulations. Celles-ci ont l’avantage d’être plus spacieuses pour les animaux avec plus de liberté de mouvement. Mais on voit tout de même beaucoup d’aberrations avec des grosses stabulations très confortables pour les vaches, mais avec des animaux qui ne sortent plus pâturer.

Pascal a quant à lui trouvé l’alternative pour garantir le bien-être des animaux avec une étable entravée. Son système est en effet conduit en agriculture biologique. Il possède 63 ha de surface en 100% herbe. Les vaches sont au pâturage de mars à novembre et valorise les surfaces autour de l’exploitation. L’hiver les vaches repassent en ration hivernal (foin/regain) mais sortent tout de même pour se dégourdir les pattes et prendre l’air.
Chez Pascal, on ne recherche pas la performance animale mais l’efficacité ! Son système très pâturant, avec une surface accessible importante lui permet de valoriser un maximum d’herbe avec très peu de concentrés (4500 L/VL pour 800 kg de concentrés soit une efficacité de 180 g/l). Ses 38 vaches laitières sont principalement soignées à base de méthodes alternatives en cas de « bobos » (Homéopathie) et les antibiotiques ne seront utilisés qu’en dernier recours. Enfin, Pascal a fait le choix de dédier un partie de ses travaux de champs (semis de prairie, épandage de purin et fumier) à une entreprise extérieure. Cela permet de s’affranchir de ce temps et de ne pas investir sur du matériel coûteux qui ne sera utilisé que quelques jours dans l’année. Seulement les foins sont réalisés par l’exploitation car pour ce système c’est la période crucial qu’il ne faut pas rater dans l’année.

Le lait de ses vaches multicolores (Tarine, Abondance, Montbéliarde) est transformé sur une petite coopérative fromagère du village.
De notre côté nous avons eu la chance de découvrir cette exploitation avec des personnes formidables qui l’entoure (Pascal, Evelyne, Raymond, Jacqueline…). Nous avons eu l’occasion de remplacer Pascal pendant 5 jours en plus de notre travail quotidien. Un semaine intense mais qui nous a plongé dans l’avant première de notre périple.

